Qui est la de Souad Ketani

Qui est là ? de Souad Kettani, membre 2021


Qui est là ? de. Souad Kettani, 54′, Entre2prises 2020, France 


Synopsis
 
Dans une banlieue quelconque à l’écart de la capitale, se dessine un autre monde en marge, monde des djinns qui appartiennent à la nuit, en lien avec une lointaine origine.
 



Bio
Après avoir obtenu une agrégation de philosophie, Souad Kettani a été réalisatrice sur France Culture. Tout en continuant à enseigner la philosophie dans des lycées, elle a suivi en 2002 la formation des ateliers Varan où elle a réalisé son premier film. En 2006, elle a réalisé Je pense, un documentaire qui montre l’initiation à la philosophie d’élèves de terminale technologique. En 2009, a suivi Musiques, film consacré à l’enseignement de la musique au conservatoire de Saint-Denis, ville où elle réside.

Festivals et diffusions :
-Cinéma du Réel 2020
-Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient
-Diffusion aussi sur Tenk à partir du 12 mars 2021

Aide :
-CNC

Souad Ketani
Qui est la de Souad Ketani
Qui est la de Souad Ketani rue
Qui est la de Souad Ketani homme
Qui est la de Souad Ketani homme
Qui est la de Souad Ketani
Qui est la de Souad Ketani, fille
Qui est la de Souad Ketani, rue
Qui est la de Souad Ketani rue

Le film selon Olivia Cooper-Hadjian du Cinéma du Réel 2020

Les djinns, ces esprits malins de la tradition islamique, se manifestent principalement la
nuit venue. Les différentes personnes réunies par Souad Kettani en ont fait l’expérience :
l’un les a entendus dans la brousse sénégalaise, l’autre dans sa cuisine, une troisième
s’en trouva possédée… Que ces démons existent ou non, une chose est sûre : les
souvenirs sont bien vivants. Les récits témoignent des différents usages des croyances :
comme outils de contrôle social ou comme remparts contre la folie. « Qui est là ? » expose
avec limpidité la façon dont une culture vient alors à la rescousse de l’autre : une sourate
en arabe apporte une protection qui fait défaut, une référence issue du cinéma
hollywoodien permet de mieux décrire une expérience surnaturelle. Et lorsqu’on ne trouve
pas d’emploi, les djinns fournissent une explication plus acceptable que le fait qu’un pays
jadis colonial et avide de main d’œuvre étrangère prive tant de ses ressortissants d’une
vie décente. Les plans décrivant l’architecture de la ville de banlieue parisienne où
résident les différents témoins renforcent l’amertume de ce constat : le caractère désolé
des lieux apparaît inévitablement comme un vide à remplir. Les djinns deviennent alors la
synecdoque de la survivance d’un héritage culturel exogène chez les immigrés et leurs
descendants. Un héritage qui peut stigmatiser, mais également faire office de refuge :
dans une société encline à la ségrégation, les djinns font le lien entre ici et là-bas.
 
Olivia Cooper-Hadjian
Cinéma du Réel

Un mot de Guy Lavigerie : Le film de Souad KETTANI est une simple et belle réussite.

Une seule image du Maghreb, plan fixe en ouverture
du film, et l’on entend longuement comme le marteau d’un artisan. La suite se passe
en France, dans un quartier de Villeneuve-La-Garenne. Le dispositif est simple et
classique. Il repose sur le talent relationnel de la réalisatrice et de son équipe avec
les personnes filmées. Nous sommes dans une salle de classe, d’abord dans un
cours de philo où l’on pose la question du rapport entre la matière et l’esprit. Puis
c’est un lycéen qui parle d’Aïcha, cet « esprit » qui hante la ville de Beni Mellal au
Maroc : « Je ne l’ai jamais vue mais on en parle toujours ». Crainte de devenir fou,
de perdre la raison. S’en défendre en allumant les lumières le soir. La réalisatrice
obtient des lycéens et lycéennes qu’elle interroge individuellement des réponses
authentiques et belles. On accède ainsi à une vérité psycho-culturelle inédite dans le
champ social rationnel. L’alternance des portraits réalisés en entretien avec les
images extérieures (parfaitement choisies et cadrées) de la cité qui entoure le lycée
est très équilibrée. Les rares musiques utilisées arrivent à point nommé. On assiste à
un moment de jeu entre amis (garçons et filles) pour exorciser la question en riant:
« tu l’as déjà vu, Dieu ? » aussi bien qu’à la prononciation en arabe, par un lycéen en
confiance, de trois sourates qui protègent… Mais encore à ce moment très fort où
une jeune femme marche avec précaution dans la friche entre les immeubles qu’elle
dit chargée de « morts », qu’elle ressent physiquement parce qu’elle a mal quand
elle s’en approche. Le film de Souad KETTANI est une simple et belle réussite.

Un mot de Mina Rad :

Le film de Qui est là de Souad Kettani, estune belle proposition cinématographique

Le film de Qui est là de Souad Kettani, est une belle proposition cinématographique. La réalisatrice nous invite à entendre l’image et voir le son . Il y a un jeux continuel, une superposition de la voix et de l’ image. L’univers cinématographique de Souad Kettani nous invite à la suivre dans une mis en scène originale. A travers la quête des djinns chez diverses personnages, elle nous invite aussi à réfléchir à sa quête cinématographique….


A propos de Coordination Festival AprèsVaran

Le Festival AprèsVaran est un rendez-vous annuel organisé depuis 2014 par les anciens stagiaires des Ateliers Varan. Le Bureau des Anciens Élèves regroupe 1500 élèves formés depuis plus de 30 ans à Paris et à l’étranger. -En 2014, pour sa première édition, le festival se voulait être un hommage au son. -En 2015, lors de sa deuxième édition, le festival s’est focalisé sur le parcours de réalisateurs confirmés comme Julie Bertuccelli, Mariana Otero et Marie-Pierre Brêtas. -En 2016, le festival traite de l'écriture dans le documentaire.

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