J’entends rien de Sabine Massenet, 23’, 2019, France, Festival 2021


J’entends rien de Sabine Massenet, 23’, 2019, Sentier des Lauzes, France

Synopsis

A l’atelier refuge*, je suis dans l’isolement le plus complet, plongée dans les silences d’un paysage d’une très grande beauté. Je laisse ma caméra de côté, et je recueille les sons que cet espace me donne à entendre. J’écoute le paysage, et les témoignages d’habitants de la commune de Saint-Mélany sur leur rapport au sonore dans cet environnement si particulier. 
Je n’envisage la réalisation des images qu’en résonance avec ces enregistrements. La vidéo est constituée d’images réalisées durant la deuxième semaine de résidence. Filmées le jour je les projette la nuit sur différents supports que je trouve à l’atelier, et les re-filme : une tentative  de mise à distance du réel pour ouvrir à une écoute sensible des sons et des voix.

Bio de Sabine Massenet

C’est en 1997, que Sabine Massenet commence à réaliser des vidéos. Elle explore le portrait avec une ouverture sur le langage et sur la résonance des images dans la mémoire collective ou privée. Elle pratique également le recyclage d’images de télévision ou de cinéma, qu’elle « re-monte » en se jouant des codes propres à ces deux médiums. 
Elle obtient la bourse d’aide à l’art numérique de la SCAM 2003 pour « 361° de bonheur », co-édition Incidences / Vidéochroniques. Elle crée plusieurs vidéos pour le théâtre, et en 2005 réalise une des vidéos de la Maison Rimbaud à Charleville-Mézières. Ses vidéos sont présentées régulièrement dans des festivals français et étrangers, centres d’art, musées et sur des plateformes de diffusions (Tênk, Çiclic). Des séances monographiques lui ont été consacrées en 2004 à la Cinémathèque Française, en 2005 au festival Némo et au Jeu de Paume.
Son installation « Image trouvée » présentée en 2011 à l’espace Khiasma, obtient le prix de l’œuvre d’art numérique de la SCAM en 2013.
Elle obtient une bourse du G.R.EC. et la bourse Brouillon d’un rêve pour son premier documentaire de création « I am a seaman » en 2016.
Elle réalise en 2018 un film pour la collection « Image d’une oeuvre » de l’Ircam.
Elle anime des ateliers avec des publics très divers pour l’Ecole du paysage de Blois, ARSMEDIA, Le BAL, La Terrasse à Nanterre…
L’ensemble de ses vidéos sont distribuées par Heure Exquise.

J’entends rien de Sabine Massenet selon Mina Rad :

J’entends rien de Sabine Massenet, est une meditation, un dialogue avec le silence, une mise en scène du son et une écoute des images. Ce film est un vrai voyage dans le son. Cet ouvre cinématographique est une vraie experimentation du regard vers le son. Dans cette création audiovisuel de Sabine Massenet, tout comme dit l’ un des personnages du film : « on chasse plus avec l’ oreille qu’avec les yeux. »

On peut se laisser aller à 23minutes d’ éloge du son et se laisser emporter à entendre et à écouter les paroles de Daniel Deshays dans son livre Pour une écriture du son. Ce film propose de nouvelles pratiques du sonore : mêler les écritures, inventer des « techniques mixtes », image et son confondus qui nous font réfléchir aux méthodes nécessaires à une pratique du son plus ouverte…

Comme dit Daniel Deshays : « Que la prise de son ose de nouvelles règles, joue du mouvement, du déplacement de l’observateur et de l’ellipse, comme le cinéma nous l’a enseigné. La réflexion esthétique qui en émane est née du terrain. Pas de théories a priori, tout est tiré des diverses réalisations de l’auteur — films, spectacles de danse et surtout créations théâtrales. »

En écoutant les images et en regardant le son dans J’entends rien de Sabine Massenet , on se laisse aller à un voyage intérieur dans le son. On se pose la question : « C’est quoi le silence? » Le silence est il la nature? Le silence est il une quête intérieur de nos rapports avec le son?

Ce film ouvre le débat sur une nouvelle forme de la création audiovisuelle.

Comme nous dit Fréderico Rossin, ce genre de création nous monte la place de l’expérimentation dans le réel.


J’entends rien de Sabine Massenet selon Michelle Gales :

Un film sur le sens du son… et de l’image. Une démarche cinématographique singulière qui génère un dialogue entre le son et l’image, entre les personnes qui parlent et le spectatateur. En libérant le son de l’image, ce bel exemple de “cinéma pur”, crée une tension et une concentration de sens. Si le “propos” est porté par le son (et c’est ce qui fait le film parle même aux gens peu portés vers le “cinéma expérimentale”) l’image ainsi émancipée prend un essor — figuré même dans les mouvements à l’intérieur du cadre. Le dispositif est dévoilé assez tôt pour que le spectateur se distancie et apprécie ce qui font ces images flottantes dans le noir, comme le cinéma lui-même.

Si le propos “au premier plan” est sur le cinéma lui-même, le film parle aussi de la recherche de paix et sereinité qui soit distincte de la solitude; comment “ pouvoir être dans un état d’immersion dans la Nature…”

Pour savoir plus sur les œuvres de Sabine Massenet : http://www.sabinemassenet.fr/

Diverses prix, mention …

2013 : Prix de l’œuvre d’art numérique de la SCAM pour « Image trouvée ». http://www.scam.fr
2012 : Subvention de la Région Ile de France, dans le cadre de projet d’aide à l’accès aux livres et à la littérature des personnes âgées : réalisation de deux vidéos à Noisy-le Sec et Montreuil.
2010 : Mention spéciale du festival Corto Helvetico al Femminile pour « minuit moins dix / minuit moins cinq ».
2003 : Bourse d’aide à l’art numérique de la SCAM, pour « 361° de bonheur », projet multimédia.2000 : Aide à l’exposition délivrée par le Département des Arts Plastiques de la Ville de Paris.
1997 : Premier prix du concours «Vidéo/arts plastiques», organisé pour le centenaire de la naissance de Louis Aragon, par le Conseil général de Seine-Saint-Denis, pour « Comment tu le trouves ? », et 4ème Mention spéciale pour «  Rébus », sélectionnée dans le même cadre.

Un moment d’ échange avec Sabine Massenet :

Comment est venue l’ idée de faire ce film ? 

Ce film est un voyage dans le son et dans les images. Comment as tu travaillé la fabrication de ce film?

Sabine Massenet , tu es réalisatrice et monteuse de ce film . Dans le montage de ce film as tu étais emporté par le son ou par l’ image? 

Pourras-tu nous parler de tes images superposées , qui nous emportent tout au long du film ? 

Quel est la place de l’ expérimentation dans la création de tes œuvres cinématographiques? 

A qui t’adresses-tu dans tes films ? Qui sont les spectateurs de tes films ?  


A propos de Mina Rad

Mina Rad, filmmaker and producer has made the films about anthropologist and great film-makers : Jean Rouch (France), Pierre Perrault (Canada)and Renato Athias ( Brésil). She is the founder of Apresvaran, an alumni association of Ateliers Varan and director of the International Apresvaran Documentary Film Festival in Paris. "The Hupd’äh Enchanted Words of the Amazon - Masters of knowledge, narrated by Renato Athias", 52', 2020, "The future of the past, Pierre and Yolande Perrault", 61’, 2019, "Persian Tales, Jean Rouch in Iran", 57’, 2018, “Jean Rouch Persian look”, 52’, 2017. In 2012 her first film,made during Atelier Varan training, entitled “For me the sun never sets” was awarded the Best Documentary Film at Verity Festival in Iran, and the jury mentioned, “For the warmth and simplicity to tell a profound story.”

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