Le Brésil en ébullition au Forum des images


Festival Un état du monde – 11e édition15 ➔ 24 novembre 2019

Le Brésil est à l’honneur par le biais de son cinéma contemporain dont la créativité a été récompensée cette année dans les plus grands festivals. Le Forum consacre un large focus à la production effervescente de ce pays-continent,aujourd’hui profondément inquiet de son avenir écologique, politique et social. Au menu, près d’une quinzaine

bande annonce 

de longs métrages à découvrir (Trois étés de Sandra Kogut, A Febre de Maya Da-Rin, Deslembro de Flavia Castro, Corpo Elétrico deMarcelo Caetano…), une soirée consacrée à l’Amazonie en péril, éclairée par des spécialistes, et l’invitation à trois figures majeures du cinéma brésilien.
Invités d’honneur, Karim Aïnouz (Madame Satã) ouvre le festival avec La Vie invisible d’Euridice Gusmão en avant-première (Prix Un Certain regard 2019) tandis que Kleber Mendonça Filho, auteur de Bacurau (Prix du Jury du Festival de Cannes 2019), revient sur ses courts métrages, Les Bruits de Recife et Aquarius. Remarqué à Sundance, Gabriel Mascaro présente ses trois longs métrages dont Divino Amor, en avant-première. Réunis en table ronde, les trois cinéastes débattent des menaces qui pèsentaujourd’hui sur le cinéma brésilien.

Le pouvoir autoritaire du gouvernement de Jair Bolsonaro s’étend bien au-delà de la culture. Quel avenir pour la jeune génération des Afro-descendants et les minorités queer, au centre du travail photographique de Carolina Arantes, exposé pendant le festival ?

Soirée ouverture du Festival Un état du monde, avec Claude Farge, Directeur Général et Fabien Gaffez, directeur des programmes du Forum des images

Soirée d’ ouverture avec Fabien Gaffez et Gilles Rousseau

Focus Brésil avec Karim Aïnouz, Kleber Mendonça Filho et Sandra Kogut

L’explosion du cinéma brésilien 

Pleins feux sur le cinéma brésilien, remarqué dans les grands festivals de l’année, dont on redécouvre la richesse et la vitalité alors que des menaces politiques pèsent sur son existence. Table ronde sur les politiques cinématographiques, soirée sur l’Amazonie, rencontres avec les réalisateurs éclairent un corpus de films ancrés dans les territoires de ce pays-continent.

« Ce film a généré près de 800 emplois, directs ou indirects. Le cinéma est une identité et une industrie » rappelle Kleber Mendonça Filho à la fin de Bacurau. Invité d’honneur du festival, l’auteur des Bruits de Recife et d’Aquarius signe un film de genre percutant, un geste cinématographique et politique inoubliable, récompensé du Prix du jury à Cannes. De son côté, Karim Aïnouz (Madame Satã) nous fait l’honneur d’ouvrir le festival avec La Vie invisible d’Eurídice Gusmão, prix Un certain regard. Gabriel Mascaro et son cinéma audacieux (Divino Amor, Rodeo, Ventos de Agosto) les rejoindra pour une table ronde sur l’état actuel des politiques culturelles au Brésil. Car ce regain de reconnaissance internationale est assombri par une série de mesures inquiétantes de la part du gouvernement de Jair Bolsonaro, à commencer par la mise sous tutelle de l’Ancine, l’Agence nationale du cinéma créée en 2001.

Du Nordeste à l’Amazonie 
Depuis les années 2000, le cinéma brésilien a multiplié les productions régionales : une liberté retrouvée pour la création. Si Maya Da-Rin signe un premier opus splendide sur la communauté tukano (A Febre), Juliana Rojas et Marco Dutra revisitent la problématique des classes sociales avec un film de loup-garou (Les Bonnes Manières) et Marcelo Caetano filme avec légèreté la sexualité des trentenaires de São Paulo (Corpo elétrico). Alors que Sandra Kogut s’attaque au scandale du blanchiment d’argent dans un film clairvoyant (Trois étés), il est à craindre que ce bouillonnement créatif ne soit brutalement freiné dans son élan.

 

Les films :

La Vie invisible d’Eurídice Gusmão
de Karim Aïnouz
en présence du réalisateur
vendredi 15 novembre 20h

Madame Satã
de Karim Aïnouz
en présence du réalisateur
samedi 16 novembre 15h

Un mot sur le film : Karim Aïnouz nous emporte à la frontière entre le documentaire et la fiction, une adaptation d’une histoire réelle très bien rythmée, une réalisation originale et précise, une musique originale qui rythme les séquences du film, des images très fortes, ….

Séance de courts métrages
de Kleber Mendonça Filho
en présence du réalisateur et d’Émilie Lesclaux (productrice)
samedi 16 novembre 18h

Un mot sur les films : Les Quatre film qui tracent le parcours de réalisateur, Un regard original, une création entre le documentaire et fiction, une écriture cinématographique qui met en valeur la ville de Récif avec humeur et admiration, un dispositif bien réfléchie, ……

Quatre courts métrage de Kleber Mendonça Filho de 2004 à 2014

Trois étés
de Sandra Kogut
samedi 16 novembre 20h30

Deslembro
de Flavia Castro
Inédit en salles / carte blanche au festival Jangada
en présence de Jeanne Boudier (actrice), Katia Adler (directrice du festival Jangada) et Maud Chirio (historienne, spécialiste du Brésil)
dimanche 17 novembre 14h30

Les Bruits de Recife
de Kleber Mendonça Filho
en présence du réalisateur et d’Émilie Lesclaux (productrice)
dimanche 17 novembre 20h

Aquarius
de Kleber Mendonça Filho
en présence du réalisateur et d’Émilie Lesclaux (productrice)
lundi 18 novembre 14h30

Séance spéciale Amazonie
Iracema, uma Transa Amazônica
d’Orlando Senna et Jorge Bodanzky
suivie d’un débat avec Sébastien Mabile (avocat spécialisé dans les questions de droit de l’environnement) et Aurélien Francisco Barros (réalisateur, spécialiste de l’Amazonie), animé par Glauber Sezerino (sociologue, administrateur d’Autres Brésils)
lundi 18 novembre 18h30

Divino Amor
de Gabriel Mascaro
inédit en salles
en présence du réalisateur
lundi 18 novembre 20h30

Ventos de Agosto
de Gabriel Mascaro
mercredi 20 novembre 16h

Rodéo
de Gabriel Mascaro
mercredi 20 novembre 18h

A Febre
de Maya Da-Rin
Inédit en salles
vendredi 22 novembre 18h30

Corpo elétrico
de Marcelo Caetano
en présence du réalisateur
samedi 23 novembre 15h

Les Bonnes Manières
de Juliana Rojas et Marco Dutra
samedi 23 novembre 21h

Une seconde mère
d’Anna Muylaert
dimanche 24 novembre 18h
 

Et aussi :
Brésil : le cinéma en danger ?
Table ronde Animée par Erika Campelo (coprésidente d’Autres Brésils) avec Beatriz Rodovalho (docteur en cinéma et membre d’Autres Brésils), Émilie Lesclaux (productrice) et les réalisateurs Karim Aïnouz, Kleber Mendonça Filho et Gabriel Mascaro
dimanche 17 novembre 17h30


A propos de Mina Rad

Mina Rad est une réalisatrice documentaire. Elle a réalisé les film "Tienda Esquipulas" et "Pour moi le soleil ne se couche jamais". Par ailleurs, elle a travaillé comme reporter culturel pendant plus de 20 ans.

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