Photo Léonardo Di constanzo

29 novembre 2013 – Rencontre avec : Leonardo di Costanzo – L’intervallo


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Vendredi 29 novembre 2013

Il nous a raconté son travail. Nous avons souhaité partager cet échange avec vous.

« J’ai souvent filmé les adolescents, l’âge du milieu. Un film c’est un sujet et une façon de le faire. L’important, c’est la manière dont le film est fait, c’est le regard de celui qui fait. On filme les réalités qu’on connaît : Naples, c’est ma ville.

La télé cherche toujours des sujets brûlants, ailleurs. Le documentaire fait voir ce devant quoi tu passes tous les jours sans le remarquer, et montre ce qu’il y a dedans. Le documentaire a la capacité de montrer le monde. La fiction s’est rendu compte que le documentaire s’est donné des outils plus proches pour raconter le monde ; la poésie du quotidien dans les films iraniens.

Une différence entre documentaire et fiction est la gestion de l’espace où l’action se passe. Dans la fiction tu dois inventer l’espace, tu dois le recréer ; dans le documentaire l’espace existe déjà et l’action est déjà là. Dans la fiction, il faut tout prévoir : ce qui se passe au premier plan et au deuxième plan. Tu es maitre de tout. Il faut que tout soit contrôlé. Ce n’est pas comme dans le documentaire ou l’espace est là. En passant du documentaire à la fiction, j’ai emmené avec moi des attitudes, par exemple, laisser la fiction ouverte au hasard et à la surprise ; « être capable de cueillir l’éruption du hasard ». Par exemple, dans le film L’intervallo, l’endroit ou j’ai filmé était à côté de l’aéroport de Naples ou les avions passaient sans cesse.  Normalement dans un film de fiction on arrête de filmer si l’avion n’est pas prévu dans le scénario, mais, dans ce cas-là, j’ai demandé aux acteurs de ne pas arrêter et de continuer à improviser.

Le hasard, c’est encore ce qui a fait que un spectateur m’a fait réfléchir à ce que j’ai fait. On ne sait pas le film qu’on fait, on sait le film qu’on a voulu faire. Et après, il y a des spectateurs qui te disent ce que tu as fait. »

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« Pour L’intervallo, j’ai créé deux personnages composés d’éléments réels.

Avec les acteurs non professionnels, on ne peut pas répéter car la première prise est la bonne. Pour L’intervallo, nous avons fait un parcours de travail sur l’improvisation pendant 2 mois. J’ai vu Kiarostami : il ne donne presque pas de scènes écrites aux acteurs, mais il donne toutes les indications sur la situation et tourne avec eux une première et unique fois. Nous avons travaillé dans le grenier d’un théâtre, puis nous sommes allés sur le lieu de tournage : nous sommes passés d’un espace protégé et petit à un espace vaste. Là, ils étaient obligés de remodeler tout ce qui avait été travaillés sans perdre la liberté d’improviser. Le film c’est leur relation. La relation entre eux était comme un élastique : chaque séquence était un rapprochement et un éloignement. Le scénario était très fermé, donc c’était important de trouver cette dynamique et à l’intérieur de cette contrainte, ils pouvaient inventer ce qu’ils voulaient. »

Photo Léonardo Di constanzo

Isabelle Blatrix, Letizia.buoso et Mina Rad

Leonardo Di Costanzo, Membre, formateur, cinéaste et ancien stagiaire de Varan
« L’intervallo »
Dans un immense bâtiment désaffecté d’un quartier populaire de Naples, Salvatore, un adolescent timide et mal dans sa peau, est contraint par des boss de la Camorra à surveiller Veronica, une jeune fille effrontée. Il ignore totalement les raisons de cette détention. Au cours de la journée, la relation entre les deux adolescents évolue et une certaine complicité s’instaure. Veronica entraîne Salvatore dans l’exploration de leur vaste prison…


A propos Coordination Festival AprèsVaran

Le Festival AprèsVaran est un rendez-vous annuel organisé depuis 2014 par les anciens stagiaires des Ateliers Varan. Le Bureau des Anciens Élèves regroupe 1500 élèves formés depuis plus de 30 ans à Paris et à l’étranger. -En 2014, pour sa première édition, le festival se voulait être un hommage au son. -En 2015, lors de sa deuxième édition, le festival s’est focalisé sur le parcours de réalisateurs confirmés comme Julie Bertuccelli, Mariana Otero et Marie-Pierre Brêtas. -En 2016, le festival traite de l'écriture dans le documentaire.

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